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Depuis 1883 contre la vivisection et pour les droits de l'animal

La corrida aux Baléares, c’est fini !

Après les Canaries en 1991 et la Catalogne en 2010, l’archipel des Baléares interdit à son tour les corridas.

Avec 5000 spectacles taurins de tout type chaque année -selon l’agence Europa Press-, la corrida donne l’impression de se maintenir en Espagne. En réalité, le nombre global de corridas, l’affluence du public et les retransmissions télévisées sont régulièrement en baisse. La tauromachie intéresse à peine les moins de 35 ans et la montée du mouvement animaliste espagnol contribue à la rendre plus impopulaire encore.

La corrida ne pouvant plus être formellement interdite en Espagne, suite à une loi promulguée par les conservateurs en 2013 et qui protège la corrida en tant que « patrimoine culturel », le Parlement régional des Baléares y a trouvé une parade en interdisant tout ce qui la caractérise : interdiction des mises à mort, de l’utilisation des banderilles et des pics des picadors à cheval. Interdiction également de vendre des boissons alcoolisées et d’accueillir des spectateurs de moins de 18 ans. Et pour rendre plus improbable encore la tenue d’une corrida, les contraintes administratives ont aussi été drastiquement revues à la hausse : obligation que les taureaux soient issus d’un élevage de l’archipel –ce qui est plutôt rare-, contrôles antidopage supplémentaires pour les toreros et examens sanitaires pour les animaux.

L’interdiction catalane annulée en 2016

La première charge contre la corrida menée par la Catalogne avait donné lieu à une intense bataille judiciaire. Jugeant que la corrida était incompatible avec les droits les plus élémentaires des animaux, une majorité de députés régionaux nationalistes et écologistes l’avaient proscrite en 2010. Saisi d’une plainte du parti populaire au pouvoir à Madrid, le tribunal constitutionnel, après une intense bataille judiciaire contre la Catalogne, avait fini par annuler l’interdiction en novembre 2016.

Mais ces six années sans corridas semblent avoir définitivement réglé le problème. La plupart des arènes ont changé de fonction, certaines ayant même été transformées en commerce. D’autres spectacles traditionnels -et inoffensifs pour les animaux- comme les « castellers », sorte de pyramides humaines, enthousiasment le public. Seules les arènes barcelonaises de « la Monumental » pourraient à nouveau accueillir une corrida. Mais sous la pression du public et des médias et en l’absence de garantie de rentabilité, cela n’a toujours pas eu lieu.

Luc Fournier