La LSCV devait tenir un stand à l’UNIL au sujet du test de nage forcée le lundi 2 mars 2026, de 11h à 16h, dans le cadre de la Semaine de la Durabilité. Nous venons d’apprendre que l’UNIL avait interdit la tenue de notre stand, pourtant prévu depuis des mois. En agissant ainsi – et ce, sans nous donner aucun argument ou justification – l’UNIL va à l’encontre des buts de la Semaine de la Durabilité. Pire, ce manque de transparence est un véritable déni de démocratie et un irrespect pour la population, dont les impôts financent les institutions publiques.
Selon l’institution, la Semaine de la Durabilité est “le plus grand projet de durabilité étudiant en Suisse”, et son objectif est de “sensibiliser les étudiant·e·x·s aux questions de durabilité et d’écologie. Par sa présentation engageante et ludique, elle permet de donner des outils pour une compréhension des enjeux sociaux, économiques et écologiques ainsi qu’à donner des pistes quant aux moyens d’agir.” L’UNIL est donc censée favoriser le débat public, et non refuser que des associations informent justement au sujet de ce qu’il se passe au sein des laboratoires d’expérimentation animale.
L’UNIL s’est pourtant engagée à la plus grande transparence avec le public
Cette situation est d’autant plus inadmissible que l’Université de Lausanne fait partie des signataires de l’accord STAAR (Swiss Transparency Agreement on Animal Research).
Sur le site de l’UNIL, on peut ainsi lire : “En tant que membre de l’alliance STAAR qui promeut la transparence sur l’expérimentation animale, l’UNIL s’engage à :
- Expliquer comment et pourquoi elle utilise ou soutient l’utilisation d’animaux dans la recherche ;
- Améliorer sa communication envers le grand public et les médias […] ;
- Offrir au grand public des occasions de s’informer sur ses activités de recherche […]”
En refusant que la LSCV puisse informer le public, l’UNIL ne respecte par ses engagements. On peut légitimement se demander si cet accord a réellement une quelconque valeur, ou s’il est seulement une manière pour des institutions pro-expérimentation animale de se donner bonne conscience et de redorer leur image auprès du public, sans même prendre la peine de respecter les engagements pour lesquels elles ont signé. C’est Liliane Michalik, vice-rectrice de l’UNIL, qui représente l’université auprès du programme STAAR. Nous l’avons également contactée pour connaître sa position sur cette situation intolérable.
Un stand de la LSCV était aussi prévu à l’EPFL le jeudi 5 mars, également dans le cadre de la Semaine de la Durabilité. Mais nous venons d’apprendre que rien ne pourrait être organisé sur le campus de l’EPFL du jeudi au vendredi à cause des Sustainable Days. Notre présence est donc également annulée quelques jours avant l’événement. Nous ne pouvons pour autant pas en déduire que la LSCV est spécifiquement discriminée dans cas.
Faire concorder les paroles et les actes
Sur son site internet, l’UNIL se réjouit d’une “vie associative foisonnante” en son sein et présente les principales associations “qui œuvrent pour une transition écologique juste, inclusive et créative”. Parmi elle, Unipoly, – organisatrice de la semaine de la durabilité – “la plus grande association écologiste interuniversitaire (UNIL-EPFL). Elle vise à promouvoir une écologie solidaire à travers des actions concrètes (jardins, marchés, conférences, ateliers, etc.) et des discussions avec les institutions pour faire avancer les politiques durables”. Quant à La Semaine de la durabilité, dont la LSCV vient d’être exclue, l’UNIL rappelle que “cette semaine thématique propose conférences, ateliers, projections, friperies, repas collectifs et concerts. C’est le plus grand événement étudiant sur la durabilité en Suisse, et un moment fort de mobilisation sur le campus.”
L’UNIL a également publié un plan d’intentions, qui fixe les orientations stratégiques de la Direction pour la durée de son mandat, du 1er août 2021 au 31 juillet 2026. Ce nouveau plan d’action est basé sur quatre principes généraux, dont l’intersectionnalité : “Les priorités, axes, objectifs et mesures proposés dans le plan d’action doivent être définis selon une approche intersectionnelle des inégalités et discriminations qu’il vise à combattre, afin de ne pas délaisser un thème […] au profit d’un autre”.
Dans sa charte, L’UNIL indique être “un lieu de liberté, de créativité et de responsabilité. Aujourd’hui, les défis que posent l’internationalisation des savoirs, l’émergence de nouveaux savoirs, les nouvelles manières de diffuser les savoirs ainsi que leur commercialisation remettent en question le rôle et l’organisation des Universités dans notre société. L’UNIL participe activement aux nécessaires débats qui en découlent.” Dans sa vision stratégique, l’UNIL indique vouloir “fournir des formations de qualité tout dans un environnement ouvert et sécurisé”.
Quant au Centre de compétences en durabilité de l’UNIL, il est censé “stimuler les synergies avec les partenaires de terrain”, telles que les associations. L’UNIL affirme qu’elle “engage l’ensemble de sa communauté et ses alumni à utiliser leurs connaissances pour faire progresser la société”, afin de “réfléchir collectivement à la manière dont leurs recherches, leurs études et leurs vies professionnelles profiteront à leur région, au monde et à l’humanité. Ainsi, nous pourrons inspirer et accompagner les grands changements sociétaux pour que nos sociétés deviennent plus sûres, plus égalitaires et plus stables sur le plan environnemental, économique, social et culturel.”
Dans le cas présent, toutes ces belles paroles ne correspondent pas à la réalité. L’UNIL ne respecte ni ses engagements, ni le grand public, ni les étudiant·e·x·s qui ont le droit d’être informé·e·x·s de manière claire et transparente sur ce qu’il se passe au sein de leur institution, notamment au sujet des expériences menées sur des animaux et payées par nos impôts, tel que le test de nage forcée.
De nombreuses voix s’élèvent contre cette expérience cruelle et controversée
Pour rappel, la LSCV a lancé fin décembre 2025 une campagne nationale contre le test cruel de nage forcée (TNF), mené actuellement à l’Université de Lausanne, celle de Zurich, et à l’EPFL. En quelques semaines, près de 8’000 personnes ont déjà signé la pétition demandant l’arrêt de ce test en Suisse !
L’objectif du TNF est d’observer le comportement de l’animal et tenter de développer des traitements contre la dépression. Utilisé dans la recherche liée au cerveau, ce test est aussi appelé test de Porsolt ou Forced Swim Test (FST). Il mesure la persévérance ou le désespoir du rongeur face à une noyade certaine, afin d’évaluer son état mental. Non sans rappeler certaines méthodes de torture bien établies reposant sur des simulations de noyade, ce test est classé comme degré de gravité 3, le plus contraignant et stressant pour les animaux en Suisse.
Depuis des décennies, la validité de ce test est remise en question. De nombreuses associations ont déjà mené – ou mènent – des campagnes contre le TNF. Dans le cadre de cette campagne, la LSCV lance une série de vidéos avec des scientifiques, politicien·ne·s, étudiant·e·s ou activistes. Nous avons demandé à celles et ceux qui s’engagent contre ce test – ou qui suivent de près l’évolution de son utilisation – pour quelles raisons il était temps de s’en passer. De nouvelles vidéos seront mises en ligne régulièrement ces prochains mois.
Ce test doit être interdit en Suisse
La LSCV exige que nos autorités interdisent ce test et que les hautes écoles s’engagent à ne plus y avoir recours à l’avenir. De nombreuses universités ont déjà fait le pas, au Royaume-Uni, en Australie, en Colombie ou aux Etats-Unis. La Suisse aussi doit montrer l’exemple et mener une recherche éthique, moderne et efficiente pour la santé humaine !
Comme les autres expériences menées dans le secteur public, le test de nage forcée est financé par l’argent des contribuables. Nous refusons que nos impôts servent à payer ces tests qui appartiennent au passé, et dont la fiabilité est remise en question, même par les scientifiques. Des événements auront lieu durant toute l’année 2026, dont une grande journée d’action à Lausanne le 9 mai 2026.
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