Après déjà plusieurs reports depuis avril, l’EPFL avait de nouveau voulu changer la date de la table ronde, à laquelle participera notamment la LSCV, prévue en mai, puis le 5 octobre. Elle se tiendra enfin, si tout va bien, le lundi 26 octobre à 18h30 sur le campus de la haute école, dans la salle CO1.
.
A chaque fois que l’EPFL a souhaité déplacer la date de la table ronde, demandée par la LSCV depuis des mois et organisée par une association étudiante, il a fallu prévenir les intervenant·e·s qui s’étaient organisé·e·s, et communiquer sur une nouvelle date. Un comportement qui ne démontre pas une grande volonté de la part de l’EPFL de discuter de manière pro-active au sujet des expériences cruelles menées en son sein. Le 6 mai dernier, l’EPFL avait par exemple décidé d’annuler moins de 24 heures avant l’événement. Un choix qui ne nous semblait alors déjà que peu respectueux des personnes invitées, qui venaient pour certain·e·s de loin, ainsi que pour le temps et les ressources engagées pour préparer cette discussion importante.
.
Parmi les raisons invoquées : le fil rouge envoyé par la journaliste qui devait modérer le débat n’était pas « neutre et professionnel » selon l’EPFL. La LSCV, attachée à la déontologie journalistique et au débat contradictoire, avait  pu consulter les questions prévues et ne partageait alors pas cet avis. Le fil rouge était objectif et équilibré. Mais bien-sûr, répondre à des questions confrontantes n’est pas confortable pour la haute école, plus habituée aux reportages positifs à son encontre.
.
Autre raison invoquée : le sujet du test de nage forcée était trop présent dans la discussion, que l’EPFL aurait souhaitée plus générale sur l’expérimentation animale. En effet, les chercheurs sélectionnés par l’institution n’étant pas spécialisés dans la pratique de ce test, ils ne souhaitaient pas participer à une discussion sur ce thème. Une manière selon nous de diluer le débat, alors que le cœur du sujet actuel est bien le test de nage forcée, que la LSCV dénonce depuis des mois dans sa campagne nationale.
.
En mars dernier, le stand d’informations que la LSCV devait tenir à l’EPFL lors de la semaine de la durabilité n’avait pas pu avoir lieu. Des raisons logistiques et organisationnelles avaient été invoquées. La LSCV avait alors envoyé de nombreux e-mails pour trouver une solution alternative, en vain. La seule réponse reçue fut celle de la porte-parole de l’EPFL, indiquant qu’elle déconseillait aux scientifiques de répondre à nos questions. Une position qui nous parait difficilement conciliable avec le fait que l’EPFL est signataire – et même cheffe de file – de l’accord STAAR, qui l’engage théoriquement à la plus grande transparence sur la recherche menée sur les animaux. Ces différents éléments nous donnent le sentiment que l’EPFL ne met pas tout en œuvre pour amener un débat public sain sur l’utilisation du test cruel de nage forcée, payé par l’argent des contribuables – donc nos impôts.
.
Finalement, la discussion du 26 octobre a été sobrement nommée : “Table ronde sur l’expérimentation animale : Nécessité ? Alternatives ?“. Si l’EPFL a souhaité un titre général ne mentionnant pas le test de nage forcée, cela n’empêchera pas la LSCV de mettre en lumière les incohérences de la haute école et la cruauté de cette expérience, ainsi que de toutes les autres menées en son sein.

.

Les personnes qui y participeront sont :

  • Athénaïs Python – Journaliste et porte-parole de la LSCV
  • Gary Domeniconi – Doctorant en Sciences de la vie à l’EPFL
  • Charlotte Blattner – Professeure à la faculté de droit de l’UNIL
  • Xavier Warot – Directeur du Centre de PhénoGénomique à l’EPFL
  • Gisou van der Goot – Professeure, directrice de l’expérimentation animale à l’EPFL
.
Pour rappel, le test de nage forcée est mené actuellement à l’Université de Lausanne, à l’EPFL et à l’Université de Zurich. Un groupe de recherche – rattaché à une chaire conjointe entre l’ETH et l’Université de Zurich – utilise en effet ce test. Nous contactons régulièrement les hautes écoles pour faire un état des lieux de l’utilisation de cette expérience cruelle. Rémi Carlier, responsable de la communication de l’EPFL, nous a confirmé début septembre qu’un projet de recherche, incluant le TNF et impliquant des rats, était encore en cours à l’EPFL : “La licence est datée du 03.04.2025 au 03.04.2028. Il est prévu qu’un nombre de tests, limités au strict nécessaire, soient effectués dans les prochains mois pour compléter certains aspects mécanistiques des hypothèses de recherche sur le lien entre le métabolisme cérébral et le comportement motivé.“
.
Venez en nombre le lundi 26 octobre pour soutenir la LSCV et poser vos questions !
L’EPFL doit voir que la population est sensible au sujet et veut des réponses !
RDV à la salle CO1 de l’EPFL dès 18h15. Voici un plan pour trouver le lieu.