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10 avril 2016

Protection de la nature ne signifie pas protection des animaux

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les organisations de protection de la nature ne protègent pas les animaux, mais des concepts généraux d’environnements et biotopes. Ce qui compte ce n’est pas l’individu mais l’espèce dans son ensemble. Pour ces organisations, tuer des animaux n’est pas un problème si l’espèce n’est en elle-même pas menacée.

La plupart de ces organismes regroupent des biologistes dont la formation inclut nombre de dissections et expérimentations. Lesquelles se poursuivent par la suite, bien que ces organismes préfèrent que ces expériences, parfois mortelles pour les animaux, restent méconnues de leurs donateurs.

Parmi les études entraînant des douleurs ou la mort d’animaux sauvages, on peut citer des expérimentations animales menées ou soutenues en Suisse par des organisations comme la station ornithologique de Sempach ou le KARCH.
A l’occasion de la révision de l’ordonnance pour la protection des animaux, le KARCH avait aussi soutenu la dissection des animaux comme les rongeurs ou les batraciens pour la formation des étudiants, en s’opposant à la disposition de l’article 179 qui rendait contraignante (donc soumise à autorisation) la mise à mort des animaux dans le domaine de l’expérimentation animale (1).

Protection de la nature et chasse

La polémique provoquée fin 2015 par le directeur en Arctique de Greenpeace Jon Burgwald rappelle aussi la position hypocrite de nombreuses organisations vis-à-vis de la chasse.
Participant à un défilé de mode organisé par l’entreprise danoise The Great Greenland Fur Tannery, Jon Burgwald vêtu d’un gilet en peau de phoque, postait des messages sur ses comptes Twitter et Facebook pour dire tout le bien qu’il pensait de la chasse traditionnelle aux phoques. Lire d’un des cadres de Greenpeace que la chasse aux phoques est « cool », rappelle qu’entre l’image projetée d’une organisation et le fond de son action, il peut y avoir un gouffre abyssal. C’est le lot de ces organisations multimillionnaires, composées de milliers de salariés, souvent extrêmement bien payés. La chasse aux fonds, vitale pour remplir les caisses et rémunérer ses cadres, nécessite de s’asseoir sur certains principes. Ce que les cadres en question font sans trop d’état d’âmes.

Jon Burgwald, en veste en fourrure de phoque : «Écoutez moi expliquer sur MSNBC pourquoi il est tout à fait bien de porter de la fourrure de phoque issue de l'industrie groenlandaise».
«Au mini-défilé de mode pour Greenlandic et ses produits en fourrure de phoque. Très cool!» 
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En Suisse, le WWF et Pro Natura se sont associés avec les chasseurs pour définir une gestion commune des grands prédateurs (ours, loups et lynx). En 2012, ces organisations publiaient par voie de communiqué de presse leur feuille de route, « avalisée par toutes les parties ». On peut notamment y lire que « les tirs de régulation ne sont plus exclus, dans la mesure où ils ne mettent pas en danger les effectifs de l’espèce concernée sur le sol helvétique ».
A l’occasion du lancement la même année d’une initiative populaire fédérale visant la stricte protection des grands prédateurs, tant le WWF que Pro Natura ont refusé de la soutenir.

Le courriel du WWF Suisse :

 

De : Catherine.Martinson@wwf.ch
Envoyé : lundi, 17. septembre 2012 15:18
À : WWF Sect. GE
Objet : FW: 2011_10_26_HPF_Wolfsinitiative_Absagebrief_Walser_sin
 
Nous sommes en pourparler avec les associations faîtières des éleveurs de moutons et des chasseurs pour trouver un terrain commun, dialogue qui a eu lieu sous l'égide de la confédération et qui a abouti à la position suivante: chasseurs et éleveurs reconnaissent la place du loup en Suisse et acceptent sa présence, les associations (y c PN) reconnaissent à terme un besoin de réguler si de gros déséquilibres se faisaient sentir. Le WWF ne soutient pas l'initiative car elle ne fait que ranimer les guerres de tranchées et torpillerait se processus.

 

Celui de Pro Natura :

 

De : Otto.Sieber@pronatura.ch
Date : 19 février 2013
À : info@profauna.ch
Objet : Votre demande de soutien pour l'initiative Grands prédateurs

Votre demande de soutenir la récolte de signatures pour l’initiative fédérale populaire ‚Pour la protection des grands prédateurs (ours, loup et lynx)’ nous est bien parvenu.
 
Le Conseil des délégués de Pro Natura a donc décidé de ne pas soutenir la récolte de signatures pour votre initiative. Elle lui semble  trop radicale. Comme le WWF, Pro Natura est entrée dans un processus de négociation avec ChasseSuisse et la Fédération suisse d’élevage ovin. Pour nous, ce processus est la base de la future gestion des grands prédateurs. En mai 2012, un document de base commun a été adopté par tous les partenaires. Pro Natura continue de jouer la carte des négociations. De notre point de vue, votre initiative ne laisse pas de marge de manœuvre pour des solutions balancées dans les conflits entre gestion humaine et les grands prédateurs.

 

Pour le WWF et Pro Natura, des tirs de loups, lynx et ours par des chasseurs seraient licites, «dans la mesure où ils ne mettent pas en danger les effectifs de l’espèce concernée sur le sol helvétique».

Projet de retour de la chasse à Genève

Au niveau cantonal, les sections des organisations de protection de la nature ne formulent pas non plus de réelle opposition à la pratique de la chasse. Tout au plus peuvent-elles parfois s’émouvoir lorsque des tirs d’espèces protégées sont autorisés. Encore qu’il est difficile de savoir si cette émotion est sincère ou ne répond qu’à une stratégie de communication pour rassurer ses donateurs.

A Genève en tout cas, les choses sont claires. Le Comité de Pro Natura soutient depuis fin 2014 le projet du Conseiller d’Etat Barthassat d’autoriser les chasseurs à tirer la faune. Dans un canton où la chasse est interdite depuis 1974 ! Il est clair que Pro Natura n’a pas vraiment intérêt à s’opposer aux  désirs du Conseil d’Etat, en raison des nombreux mandats de prestation que son Département lui octroie. Mais sa position n’en est pas moins misérable.

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1) Journal LSCV, décembre 2011, p. 8 et 9


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