5 mars 2009 - Université de Genève - Leçon inaugurale «In vitro veritas: un système immunitaire dans un tube à essai», Centre médical universitaire

Succès pour l’inauguration de la chaire d’enseignement des méthodes alternatives

Devant l’affluence du public, la salle initialement prévue s’est révélée trop petite, nécessitant le déplacement des personnes présentes dans un auditorium plus grand. Qui aurait pu imaginer que plus de 250 scientifiques et étudiants de cette université assisteraient enthousiastes à cette inauguration ?
 
On se rappelle que lorsqu’en avril 2006 la Ligue avait lancé son initiative cantonale « Pour le développement des méthodes alternatives et contre les abus de l’expérimentation animale à l’Université de Genève », la réaction de cette même université avait été vive. Certains Professeurs se laissant même aller à quelques déclarations narquoises dans les journaux, tel le généticien Denis Duboule qui, dans un quotidien romand, déclarait de façon péremptoire à propos des méthodes alternatives « on ne peut pas faire de la recherche sur des ours en peluche » (!)

Quelle surprise alors, trois ans plus tard, d’entendre le Doyen de la Faculté de médecine, le Professeur Carpentier, déclarer dans son discours d’introduction qu’il est temps de « changer les mentalités » dans les milieux scientifiques et de « s’engager clairement dans une voie nouvelle ».

Alors, discours de convenance ou réelle sincérité ? Le fait que ce Doyen ait méticuleusement lu son discours devant un auditoire, comprenant quelques scientifiques stupéfaits, laisse espérer une réelle volonté de s’engager dans cette voie « nouvelle ». Quoi qu’il en soit, la présence de nombreux étudiants était réjouissante et leur enthousiasme bien sincère.
Néanmoins, il y a encore tout à faire pour que cet enseignement soit reconnu par le corps professoral dans son ensemble. Mieux encore, pour que cette chaire suscite des vocations dans d’autres universités, qui permettront aux futurs scientifiques d’accéder à de nouvelles méthodes de recherche autres que ces habituelles dissections d’animaux, pratique quasiment obligatoire aujourd’hui pour envisager une carrière dans la recherche médicale.

Article lié: 29 novembre 2008 - Première Chaire universitaire d’enseignement des méthodes alternatives en Suisse

«Aujourd’hui, la problématique n’est pas tant de se demander s’il faut ou non interdire l’expérimentation animale, mais plutôt d’imaginer quelles sont les alternatives possibles à ces pratiques » déclarait le professeur Cosson, titulaire de cette chaire d’enseignement.
« Les modèles d’étude de vertébrés restent privilégiés pour mener de nouvelles recherches. Il s’agit donc pour nous de développer des outils pour la recherche fondamentale qui n’utilisent pas d’animaux, mais qui soient aussi performants voire meilleurs quand cela est possible.»

Extrait du discours d’introduction du Professeur Carpentier, Doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Genève

« Cette chaire est remarquable à plusieurs titres »

« (…) Cette chaire pose un jalon important dans l’évolution des mentalités et de la pratique au sein du monde des Sciences en Suisse, tant sur le plan de l’enseignement que de la recherche. Grâce à cette chaire Doerenkamp-Naef-Zbinden, notre faculté se donne ainsi les moyens de concrétiser une vision et de s’engager clairement dans une voie nouvelle.
La seule réponse possible pour réduire, voir remplacer l’expérimentation animale dans le cadre de la recherche et de la pratique médicale, c’est de développer des alternatives, plus efficientes, d’ailleurs bien souvent moins onéreuses, et qui en plus concilient efficacité et éthique.
Cela passe aussi par des changements de mentalité. De tels changements s’appuient sur une pratique nouvelle, sur des enseignements innovants que la chaire Doerenkamp-Naef-Zbinden nous permettra de développer. En effet, cette chaire n’est pas seulement destinée à développer de nouvelles approches technologiques, mais surtout aussi de changer les mentalités, grâce à un enseignement approprié, grâce à un travail, une information de tous les jours (…) ».

En cas de problème pour voir la vidéo, allez directement sur youtube à l’adresse : http://www.youtube.com/watch?v=1WSDuSv3dgw