Nestlé jusqu’à en
mourir
La
presse unanime a salué l’évènement.
Enfin, surtout la presse romande. Avec
l’annonce de Nestlé assurant
vouloir investir 500 millions de francs
sur dix ans dans un nouvel institut à l’Ecole
polytechnique fédérale
(EPFL), l’arc lémanique
concurrence toujours plus fortement le
pôle zurichois.
Et avec quelle pertinence ! «Dans
dix ans, nous serons le leader de la
nutrition basée sur les sciences
de la santé », affirmait
Luis Cantarell, directeur général
de « Nestlé Health
Science ». L’institut,
qui sera dirigé par un ancien
directeur scientifique d’une société de
biotechnologie de San Diego, se focalisera
sur la recherche biomédicale afin
de mieux comprendre les maladies et le
vieillissement humains.
Plus précisément, le marché du
yaourt traditionnel arrivant à saturation,
Nestlé vise le yaourt qui soigne.
Même celui qui soigne avant qu’on
ne tombe malade :
« Il
faut mieux anticiper les problèmes
de santé et trouver des produits
qui puissent par exemple lutter contre
Alzheimer ou les problèmes de
vieillissement. Et s’ils sont
remboursés, autant cela se fasse
quand vous n’êtes pas malades» insistait
sans rire Peter Brabeck, actuel Président
de Nestlé et ancien administrateur
du groupe pharmaceutique Roche.
Quant à la manière de distribuer
ces produits, le directeur général
indiquait que tout était possible. « Certains
pourraient être vendus en pharmacie
sur ordonnance, mais une vente libre
est aussi envisageable. Leur prix moyen
n’est pas encore fixé ». Ce
qui à priori est normal pour un
produit pas encore fabriqué.
« Des
yaourt médicaments ? De
la foutaise ! »
On se rappelle qu’en avril 2010,
la presse était moins élogieuse
sur le potentiel thérapeutique
des alicaments. Un grand journal titrant
même « De la foutaise ! » pour
décrire ces produits. Cette condamnation
faisait suite à l’interdiction
de l’autorité européenne
de sécurité des aliments
(EFSA), pour Danone, de mentionner dans
ses publicités un quelconque bienfait
pour la santé de ses yaourts miracles « Activia » et « Actimel ».
Et si Danone avait déjà augmenté son
budget « recherche et développement » de
3 à 30 millions d’euros
entre 2005 et 2008, Nestlé investissait
aussi tous azimuts dans ce marché prometteur.
On se rappelle que depuis 2006, il arrose
déjà chaque année
l’EPFL avec 5 millions de francs
pour étudier « la relation
entre la nutrition et le cerveau ».
A cette époque, l’accord
avait déjà suscité l’enthousiasme
de l’EPFL qui jubilait « du
plus important accord de partenariat
académique conclu avec une entreprise
privée ».
L’EPFL assurait déjà: « Les
professeurs bénéficieront
de toute la liberté académique
et de publication, alors qu'un comité scientifique
conjoint avec Nestlé élaborera
les axes de recherche (sic !) » Prétendre
une liberté académique
lorsqu’un financier vous dit quoi étudier,
voilà qui était assez fort
!
L’objectif de Nestlé englobait « un
vaste champ d'investigation, comprenant
toutes les étapes de l'existence », notamment « sur
le rôle que joue la nutrition dans
le développement cérébral
des enfants ». Pour
ces études de hauts niveaux, on
rendait malade des ratons pour observer
si des nutriments soignaient ces animaux ! |
Une
recherche misérable,
dans
un canton laxiste
Que Nestlé perde son argent dans
des recherches absurdes n’a pas
beaucoup d’importance. Que l’EPFL
jubile d’envoyer ses futurs chercheurs
travailler dans un domaine aussi peu
urgent n’est pas très glorieux.
Mais au final, ce que les médias
se sont bien gardés d’annoncer,
ce sont les innombrables souffrances
qui seront infligées aux animaux
par la multiplication de ces expériences.
Les recherches menées par Nestlé sont
une honte. Les procédures expérimentales
et souffrances infligées aux animaux
sont une honte.
Les expériences de Nestlé ne
consistent pas qu’à gaver
des milliers d’animaux d’un
quelconque yaourt enrichi à un
quelconque bifidus miraculeux. Tous ces
animaux sont d’abords inoculés
de maladies diverses, à coups
d’injections, empoisonnements ou
autres méthodes, avant d’être
gavés de bifidus à n’en
plus pouvoir. Aujourd’hui, dans
les laboratoires vaudois, on empoisonne
des animaux pour étudier l’effet
thérapeutique d’un produit
qui n’en a pas, ou peu !
Ces expériences misérables
ne sont possibles qu’en raison
du laxisme des autorités vaudoises
qui n’ont jamais eu le courage
de s’opposer à ces expériences
inutiles et cruelles.
Seul compte les investissements consentis
pour la recherche, le rayonnement qu’ils
sont censés apporter aux « hautes » écoles
de ce canton.
Qui peut être fier de l’exécution
d’expériences aussi honteuses ?
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Les
maladies qu’entend combattre Nestlé sont
en partie provoquées par une nourriture
surabondante et mal équilibrée.
A la question de savoir si la multinationale
entendait aussi réduire l’utilisation
de substances nocives comme l’huile
de palme pour la fabrication de ses produits
de grande consommation, Paul Bulcke,
directeur général de Nestlé répondait
que la question n’était « pas
pertinente ». |