Lausanne, le 16 juin 2008
A qui de droit,
Concerne « Vivisection autorisée en Suisse sur 100
oiseaux d’une espèce inscrite sur liste rouge »
Dans un communiqué de presse de mai de cette année de
même que sur leur site internet (http://www.lscv.ch/pages/experimentation_animale/bize/communique.html),
la ligue suisse contre la vivisection (LSCV) a récemment fait état
d’expérience de vivisection chez le martinet à ventre
blanc. Dans le présent document, je tiens à démentir
l’allégation de vivisection et de cruauté envers
les animaux :
« incision à vif
sans anesthésie… vivisection… cruauté envers
les animaux »
Cette accusation est fausse et infondée.
La pose d’une pastille de corticostérone en mode sous-cutané est
une action similaire à la pose d’une puce électronique
pour identifier les animaux de compagnie. Comme dans le cas de la puce électronique,
la pose d’une pastille de corticostérone est considérée
comme une action peu douloureuse (i.e. la douleur ressentie est celle
d’une injection sous-cutanée à l’aide d’une
grosse aiguille) qui ne nécessite pas l’emploi d’une
anesthésie. De plus, la pose d’une pastille de corticostérone,
tout comme une puce électronique voire une prise de sang ou l’injection
d’un vaccin, n’est en aucun cas de la vivisection. Par conséquent,
l’affirmation que la pose d’une pastille de corticostérone
sans anesthésie est un acte cruel est non seulement fausse mais
démontre clairement un manque de connaissance de la part de la
LSCV des pratiques qu’elle dénonce.
« vivisection sur 100 poussins »
Cette accusation est fausse et infondée.
Une simple lecture du rapport vétérinaire aurait permis à la
LSCV de constater que seuls 18 poussins ont été implantés
avec une pastille de corticostérone.
« sous-évaluation
du degré de gravité par
les autorités vétérinaires »
Cette accusation est fausse et infondée.
La pose d’une pastille de corticostérone correctement dosée
induit des changements physiologiques comparables à ceux observés
de manière naturelle lors par exemple du passage d’une perturbation
météorologique. Cette manipulation n’entraîne
en aucun cas la mort ou des souffrances à l’animal.
« aucune investigation pour établir
les causes de la mort des oiseaux »
Cette accusation est fausse et infondée.
Après la mort constatée des oiseaux, des échantillons
de sang ont été envoyés pour analyse à la
Station ornithologique Suisse, une organisation neutre et au dessus de
tout reproche dans ce dossier. Ces analyses ont mis en évidence
que les pastilles de corticostérone fournie par une entreprise
spécialisée étaient effectivement surdosée
ce qui a entraîné la mort de 4 poussins.
« aucune intervention pour
interrompre ces expériences »
Cette accusation est fausse et infondée.
Après l’analyse des échantillons sanguins et la
mise en évidence du mauvais dosage des pastilles de corticostérone,
cette expérience a été interrompue. Contrairement à ce
qu’insinue la LSCV, cette étude n’a pas été reconduite
en 2007.
« procédure administrative
bâclées… aucun
contrôle des autorités »
Cette accusation est fausse et infondée.
Une demande d’expérimentation animale a été déposée
auprès des services vétérinaires de Soleure, cette
demande a été examinée puis acceptée, et
enfin un rapport a été transmis à la fin de l’étude.
Les services vétérinaires de Soleure sont venus par le
passé s’assurer du bon déroulement des mesures prises
sur cet oiseau.
« étude financée
par le Fonds National Suisse pour la recherche scientifique, au mépris
des règles et
directives éthiques »
Cette accusation est fausse et infondée.
Le financement de projet par le Fonds National
Suisse pour la recherche scientifique a été autorisé après examen
du projet par un comité d’expert. Il n’y a pas de
mépris des règles et directives éthiques émises
par le Fonds National Suisse pour la recherche scientifique. Le communiqué de
presse de la LSCV reflète avant tout de l’incompréhension,
voir du mépris, de la part de la LSCV contre la recherche en Suisse.
Ces accusations sont même scandaleuses.
« études inutile… débile »
Cette accusation est fausse et infondée.
Le but de cette étude n’est en aucune façon d’entraîner
la mort d’animaux sauvages. Cette affirmation démontre l’incapacité de
la LSCV de se renseigner auprès des chercheurs. En effet, les
travaux portant sur des animaux sauvages cherchent à comprendre
l’écologie de ces espèces en milieu naturel. Par
conséquent, si de tels travaux entraînaient la mort des
individus, les buts recherchés ne seraient jamais atteints, les
résultats jamais publiés et les sources de financement
pour de tels projets n’existeraient plus. En ce qui concerne plus
spécifiquement l’étude sur la corticostérone
le but premier était de mieux comprendre (1) quelles sont les
conséquences à long terme d’une courte perturbation
durant la croissance (suite par exemple à de mauvaises conditions
météorologiques et en conséquence un stress alimentaire
dans le cas du martinet), et (2) quels mécanismes sont impliqués
dans ces effets à long terme. En d’autres termes, le but
est de savoir comment et pourquoi une semaine de pluie durant la croissance
d’un jeune martinet peut influencer le succès reproducteur
et la longévité de cet oiseau au cours des dix années à venir.
Pour les animaux sauvages, tout comme pour l’homme, il y a actuellement
une prise de conscience de l’importance des conditions de croissance
et du stress sur la trajectoire de vie des individus, ci-inclus l’apparition
par exemple du diabète ou de maladies cardiovasculaires à l’âge
adulte. Le terme débile pour qualifier les questions adressées
dans ce projet reflète au mieux une incompétence scientifique.
« espèces inscrite
sur liste rouge »
Cette accusation est fausse.
En Suisse, le martinet à ventre blanc n’est pas une espèce
en voie de disparition. La population suisse de martinet à ventre
blanc est restée stable, voir à augmenté, au cours
des vingt dernières années. La principale menace qui pose
sur cet oiseau provient de la rénovation de vieux bâtiments
abritant des oiseaux nicheurs. La protection de cet oiseau passe donc
par un suivi des bâtiments et de leurs colonies de reproduction
ainsi que par l’aménagement de nouveaux bâtiments
permettant l’accès à cet oiseau, tâche à laquelle
je m’attelle depuis ces dix dernières années.
En conclusion, le communiqué de
presse de la LSCV cherche avant tout à faire du sensationnel en
dirigeant de fausses accusations à mon égard
et contre les autorités vétérinaires et scientifiques
en Suisse. La mort de ces poussins de martinets à ventre blanc
est le résultat d’un regrettable accident suite à un
mauvais dosage des pastilles de corticostérones mais n’est
en aucun cas un acte de cruauté envers cet oiseau sauvage. Ce
communiqué est donc diffamatoire et les suites à donner à cet
acte gratuit et lâche (la LSCV n’a jamais pris contact avec
moi pour des éclaircissements)
sont en discussion.
Pierre Bize
Post-doc boursier du Fonds National Suisse pour la recherche scientifique
Département des Sciences de l’Environnement et de l’Evolution
Université de Glasgow, Royaume-Uni
Copie à l’attention de :
Ligue Suisse contre la vivisection
Station ornithologique Suisse de Sempach
Office vétérinaire cantonal de Soleure
Office vétérinaire fédéral
Fonds National Suisse pour la recherche scientifique
Parquet de Soleure
Comité « Nos oiseaux », Berne |