Journal du mois de décembre
2007
Publication par l’OVF des Statistiques des expériences
sur les animaux en Suisse en 2006
« Expériences sur animaux en 2006: les chiffres sont
restés stables » annonce l’Office vétérinaire
fédéral (OVF) dans son communiqué de presse du
6 septembre. Quelques journalistes trop paresseux pour les consulter
ont d’ailleurs repris cette affirmation : « Expérimentations
animales en Suisse : les chiffres sont restés stables » titraient
plusieurs quotidiens le lendemain.
On pourrait définir la stabilité comme étant
un état constant, permanent. Pas l’OVF, qui malgré une
nouvelle augmentation du nombre d’animaux utilisés en
Suisse de 1,7% (+12'000 animaux), parle de stabilité. En guise
de stabilité, on notera surtout la quasi constante augmentation
du nombre d’animaux utilisés ces cinq dernières
années : avec 716'000 animaux utilisés en 2006, nous
en sommes revenus au nombre recensés dans les années
1995-1996.
L’état constant, permanent de l’OVF lui souffle
plutôt à l’oreille d’annoncer, année
après année :
« En 2006, comme en 2005, aucun animal n’a été utilisé pour
tester des cosmétiques ».
A nouveau, de nombreux journalistes ont relayé cette bonne nouvelle.
Pourtant, avec ces expériences interdites en Europe depuis quelques
années, il ne manquerait plus que notre pays se livre à ce
genre de tests ! Il est connu depuis longtemps qu’on ne teste
plus les produits cosmétiques sur les animaux, mais leurs composants.
La nuance est de taille, car si l’UE a décrété l’interdiction
des tests sur les animaux pour toutes substances à finalité cosmétiques
d’ici deux ans, il sera toujours possible de la faire en Suisse.
Ainsi, en 2010 lors des prochaines statistiques, l’OVF annoncera-t-il « En
2009 comme en 2008, toutes les nouvelles substances entrant dans la
composition des cosmétiques ont été testées
en Suisse, bien que cette pratique soit interdite en Europe » ?
Une note positive
Au-delà d’une succession de chiffres qui se ressemble
d’années en années et de rubriques qui se veulent
transparentes mais qui en réalité ne nous apprennent
rien sur les expériences subies par les animaux, ces statistiques émettent
quand même une note positive : « L’expérimentation
animale a augmenté dans la recherche fondamentale (+13%), mais
a par contre diminué dans la recherche médicale appliquée
(–4%) ».
La recherche fondamentale se déroule en Suisse principalement
dans les Universités ou EPF (recherche dans des institutions
publiques). Généralement, il s’agit pour ces scientifiques
de tester des hypothèses qui au pire finiront dans un tiroir,
au mieux iront grossir le nombre de publications scientifiques. L’augmentation
du nombre d’animaux n’est en fait pas étonnante,
chaque laboratoire (ou presque) s’étant lancé dans
l’élevage ou la production d’animaux transgéniques,
dont les multiples lignées sont à conserver à tous
prix en raison de « l’intérêt capital qu’elles
représentent pour la science ». En plus, c’est le
contribuable qui paye. Donc, une remise en question de ces pratiques
compulsives n’est pas à l’ordre du jour.
Par contre, la baisse du nombre d’animaux utilisés dans
la recherche médicale appliquée (recherche effectuée
principalement par des laboratoires ou groupes pharmaceutiques privés)
est plutôt encourageante et démontre que les méthodes
alternatives ne sont plus ignorées par les laboratoires de recherches.
Les progrès réalisés dans leurs développements,
ces dernières années, en font des outils maintenant indispensables
pour l’étude des maladies et la sélection de nouvelles
molécules thérapeutiques. Plus économiques que
l’utilisation d’animaux, mais surtout offrant des réponses
plus fiables que ce bête « modèle animal » avec
lequel l’homme ne partage biologiquement pas grand chose, ce
sont sans doute les nouveaux modèles alternatifs de demain qui
enterreront cette stupide pratique de l’expérimentation
animale.
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