Dr
Daniel Höchli
Directeur
Fond national suisse de la recherche scientifique
Wildhainweg 3
Case postale 8232
CH-3001 Berne
Thônex, le 8 décembre
2006
Concerne : Financement
de projets de recherche sur les animaux – Application des principes
et directives éthiques de l’Académie suisse des sciences
médicales.
Monsieur,
Nous avons consulté avec grand
intérêt le rapport annuel 2005 du FNS. Dans l’introduction,
nous pouvons lire à la page 8 que le FNS n’encourage financièrement « que
des projets de recherche répondant à des principes et des
directives éthiques dictés par l’Académie
suisse des sciences médicales » (ci-après : les
directives).
Grâce à Internet, nous
avons également pris connaissance du formulaire du FNS devant être
complété par les scientifiques ayant obtenu un soutien
financier, et dans lequel ces derniers indiquent avoir pris connaissance
des directives et s’engagent à les appliquer.
La décision du FNS visant à soutenir
l’application de ces directives ne peut que nous réjouir.
Néanmoins, se pose la question quant à leurs réelles
applications par les scientifiques une fois les financements obtenus,
puisque cela pourrait se limiter à une simple déclaration
d’intention.
Plusieurs points de ces directives,
notamment ceux qui préconisent une évaluation éthique
ou une pesée des intérêts quant au but même
de l’expérience, peuvent difficilement êtres appliqués
de manière uniforme. Par contre, d’autres points peuvent être
facilement respectés. Il s’agit notamment des points concernant:
• 4.11
la détention des animaux ;
• 5.2 la participation à l’étranger à des
expériences qui ne pourraient pas être autorisées
en Suisse ;
• 5.3 l’échange
d’information ;
• 5.4 le soutien à la
mise au point de méthodes de substitution.
Les moyens dont dispose le FNS pour
s’assurer de la mise en application des directives suscitent un
très vif intérêt de notre part, et nous souhaiterions
obtenir les informations suivantes :
1. Dans le cas manifeste où un
scientifique n’appliquerait pas ces directives, le FNS a-t-il prévu,
par exemple, de suspendre ou de réduire son soutien financier à l’encontre
du chercheur concerné ? Dans l’affirmative, cela s’est-il à votre
connaissance déjà produit ?
2. Les institutions publiques (Universités,
EPF, etc.) pratiquant des expérimen-tations animales sont-elles
tenues d’appliquer ces directives ? Si oui, les soutiens financiers
pour les divers PRN sont-ils attribués à la condition expresse
que les institutions hébergeant ces pôles nationaux respectent
lesdites directives ?
3. Le FNS peut-il financer des projets
dont une partie, exécutée à l’étranger,
ne respecte pas les directives ou la législation en vigueur
en Suisse ?
4. Comment le FNS s’assure-t-il
du respect de l’application des directives ? Collecte-t-il
des informations auprès des autorités cantonales (vétérinaires
cantonaux) ? Auprès des commissions de contrôle d’expérimentations
animales instituées par les cantons ? Si ce n’est pas
le cas, par quel autres moyens ?
5. Est-il souhaité par le FNS
que ces directives soient prises en comptes par les autorités
ou les commissions cantonales lors des demandes d’expérimentations
animales émanant de chercheurs soutenu par le FNS ?
En vous remerciant par avance pour
vos réponses et dans l’attente de vos nouvelles, nous vous
prions de croire, Monsieur, à l’expression de nos sentiments
les meilleurs.
Luc Fournier
Vice-président
Max Moret
Président |